La rencontre décisive avec l’ESMA

Ce que la formation lui apporte, Emma le résume autour de deux dimensions complémentaires : la créativité d’un côté, la technique de l’autre. La première lui apprend à aller plus loin, à dépasser certaines limites que l’on s’impose parfois trop tôt, à ne pas brider ses idées. « On peut tout faire. Surtout à l’école, c’est le moment de vraiment pousser à fond tout ce qu’on a en tête. » Cette phrase dit bien ce qu’elle retient de ses années de formation : un espace où l’on peut expérimenter, chercher, sortir des cadres trop vite acceptés. 

Mais pour elle, cette liberté n’a de valeur que si elle s’accompagne d’une compréhension concrète des projets. Avec le temps viennent donc les dimensions plus techniques, qui permettent de saisir comment les choses se construisent réellement. « On comprend comment les choses se font. » .

Projet Galerie lafayette

Emma cite la livraison récente des Galeries Lafayette de Nîmes comme l’un des projets les plus marquants sur lesquels elle ait travaillé. « Je pense que c’est le projet le plus fou sur lequel j’ai bossé. » Ce qui la marque ici, ce n’est pas seulement l’ampleur du programme, mais la complexité des échanges. Entre le propriétaire des murs, l’exploitant et l’enseigne elle-même, les attentes ne sont pas toujours tout à fait les mêmes. « C’est là qu’on se rend compte qu’on est vraiment l’interlocuteur, nous, au milieu. » Il faut transmettre, arbitrer, comprendre, reformuler, faire tenir ensemble des logiques multiples. Puis vient le moment où le projet devient réel, visible, vécu. « L’inauguration, c’était incroyable de voir les clients passer devant et dire que c’était magnifique. »